Devons-nous fêter l’accord de paix d’Alger ?

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25 juin 2016

Devons-nous fêter l’accord de paix d’Alger ?

L’accord de paix trouvé entre l’état malien et les groupes armés à Alger et signé en deux temps à Bamako a un an. L’évaluation faite de sa mise en œuvre par les acteurs du processus  et les maliens est sombre. Sa signature qui devait démêler les choses a plutôt embrasé la situation avec l’installation de cette confusion totale de la sincérité des groupes alliés envers l’Etat malien. De violation en violation des  principes de base de l’accord certains d’entre eux se sont substitués en  l’Etat malien en dictant leur autorité dans certaines contrées du nord où ils seraient probablement en connexion avec des terroristes et narcotrafiquants  pour des intérêts autour du trafic de la drogue. Certaines régions nouvellement créées sont à l’image de ce désespoir. Un peu plus au centre du nord, les forces étrangères dépassées par les attaques meurtrières des ennemis se sont retranchées dans leurs bunkers. Paris et l’ONU choqués, ont fini par taper du poing sur la table.  Il est temps que cela cesse. ‘’Le double jeu ’’ a fait trop de victimes et plombe le retour de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire.  Dans ce canevas, le Conseil de sécurité a siégé, sur proposition du patron de l’ONU,  afin de revoir le mandat de la Minusma. Le PM Modibo Keïta n’a pas raté l’occasion, en ce lieu,  pour exposer l’intolérable long métrage sanglant qui se joue au nord du Mali. Ramtane Lamamra, depuis Alger, samedi dernier, parlait  de l’an un de l’accord. Pour lui, il y  a une réelle volonté des parties signataires à prendre un nouvel envol pour la paix et la réconciliation. Ce qui se manifestera, à l’en croire,  lors de la rencontre de la semaine passée à Bamako à laquelle toutes les parties signataires ont pris  part. Après évaluation, de nouveaux jalons seront définis en vue de quitter ce marasme progressivement.  Ce qui veut dire que nous sommes toujours à la case départ et que le chemin sera périlleux et long. Donc pas lieu de fêter, mais avancer avec prudence puisque la maison est remplie d’hypocrites.

Boubacar Yalkoué

 

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